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    Oyez, oyez braves gens la triste histoire de Kandirah la belle.

     

    Ce pays imaginaire que nul ne trouvera, ne pourra découvrir, mais cherchez, cherchez toujours, cherchez encore ...

    peut-être qu'un jour ...

     

    La belle Kandirah était un vaste et splendide pays aux profondes vallées, aux grandes étendues d'eaux, d'immenses plaines, la nature y faisait la joie de tous, des villes avaient été aménagées pour être en accord avec cette nature, ni grandes ni petites, des villes dans la juste mesure, pourrait-on dire ! La population était fière de posséder ses nombreuses petites villes si bien éparpillées dans tout le pays, si bien adaptées au goût de chacun, car chaque ville avait son attrait, sa saveur, son originalité, le peuple n'avait qu'à choisir sa ville, ou plutôt ses villes car on avait doublé, triplé ... certaines d'elles pour que la population ne s'installât pas en nombre dans une seule et même ville et n'augmentât pas trop la taille urbaine qu'il fallait respecter.

     

    Le bon peuple de Kandirah vivait donc heureux sans le moindre souci ni la moindre gêne car la royauté contribuait à l'harmonie des Kandirahiens, c'était un devoir royal de gouverner avec justesse, équilibre et gentillesse, le pays était si immense que de nouvelles cités étaient progressivement construites, tout était Paradis, tout était sain. Le Roi Victor et la Reine Dolcia en harmonie avec leur peuple, étaient issus d'une grande lignée de souverains justes, bons, pacifistes vivant dans l'amour de leur prochain, vivant pour les autres, le bonheur du peuple passait avant leur propre intérêt, la royauté après les désirs, les besoins, la vie des Kandirahiens.

     

    Kandirah, pays qui me semble merveilleux, une lumineuse oasis de sagesse et d'entente qui avait pourtant la fâcheuse manie d'être un trop beau bonheur pour tous. Le malin, le monstre, l'ignoble malfaisant qui avait toujours régner à l'extérieur de la belle contrée, un jour d'ennui, un jour où il n'eut personne à se mettre sous la dent, notre démon s'intéressa à la belle Kandirah. Par la ruse, et là, cette ruse je ne saurais vous en révéler l'aspect, je ne sais absolument pas comment il a fait, faire le bien je sais vous l'expliquer, faire le mal, je ne comprend pas, notre diable s'installa donc à Kandirah.

     

    Oh ! il n'a pas l'air bien méchant. Non ! uniquement un être heureux de voir les autres malheureux, un bon petit diable qui vous fait un croche-pied pour de rire, pour rire de vous voir vous étaler de tout votre long, par exemple, un être si malicieux et coquin qu'il prit l'apparence d'un tout petit problème que le roi et la reine ne purent résoudre qu'avec une bonne et magnifique astuce (car ils étaient intelligents et savaient aisément tourner le mal par le bien, par leur façon de faire le bien) : le roi et la reine ne pouvaient avoir d'enfant, ils étaient les derniers représentants de leur royauté, mais Victor et Dolcia, pour l'harmonie de leur peuple qui réclamait un successeur, décidèrent d'adopter deux garçons, l'un blanc, l'autre noir, à l'orphelinat de Gribourg, capitale de Kandirah.

     

    Le peuple veut un roi, il a donc été décidé qu'il y aurait deux prétendants au trône et seule l'Oracle de la Montagne Verte révélera l'avenir de ces deux enfants royaux, la mystérieuse magicienne Mina saura, le jour où ils la consulteront, qui des deux sera le roi ?

     

    Pour le peuple se fût parfait : l'un des deux garçons deviendrait Monarque au moment de la retraite de Victor, l'autre occupera la fonction de Maître de Justice. La population de Kandirah étant à majorité blanche et noire, le choix était judicieux qu'un enfant représente chacune des deux couleurs.

     

    Ces petits faits, anodins et insignifiants allaient détruire Kandirah.

     

    Au moment où je commence mon récit, les deux princes viennent de fêter leur trentième anniversaire, frères d'adoption, frères de sang, frères de jeux, frères dans la joie et dans la tristesse ... leur trente ans furent fêtés comme si les deux princes étaient de vrais frères jumeaux, ils ne faisaient d'ailleurs pas attention à la différence de couleurs de peau, le noir et le blanc se marient parfois si bien.

     

    Une tradition dans le pays de Kandirah donne à chaque personne qui atteint sa trentième année la possibilité de consulter l'Oracle de la Montagne Verte, une magicienne qui vit seule, recluse dans sa maison et par son aide vous avez accès à votre avenir, vous pouvez ainsi par ses conseils arranger votre destin, votre vie selon la paix, le bonheur de Kandirah, la mystérieuse magicienne est l'âme et la sagesse de Kandirah.

     

    La grande question que tout le monde se posait maintenant c'était lequel des deux princes serait leur roi, lequel pourrait assurer la succession de leur père, car les deux princes n'avaient pas du tout le même caractère, l'un était vif comme l'éclair, l'autre prenait le temps de vivre, l'un était manuel, l'autre intellectuel, l'un savait vous construire tout de ses mains, l'autre raisonnait et philosophait à tout vent, il résonnait plus son intellect que sa raison. Seule l'Oracle pouvait départager les avis et rendre fin à l'angoissante question que tous depuis peu débattaient à en briser l'harmonie si légendaire de Kandirah la belle.

     

    Face à l'Oracle, les deux princes n'osaient pas se regarder, ils se sentaient soudainement étrangers l'un à l'autre, une parcelle d'animosité s'anima face à l'adversaire. Les deux complices d'antan, les deux frères de jadis étaient là se demandant qui serait le roi ? Deux ennemis s'opposaient l'un à l'autre pour une seule et unique fois alors que toute leur vie ne fût que complicité et complémentarité. Ils revoyaient leur jeunesse, ils étaient toujours à se partager mutuellement leurs faiblesses et leurs forces pour mieux gagner sur le destin, à deux on déplace des montagnes.

     

    Les frères allaient enfin savoir à l'instant qui deviendrait le roi.

     

    Mina annonça :

    "Vous serez tous les deux rois, l'un de vous sera roi pendant 5 années puis l'autre lui succédera après sa mort. Le roi sera ..."

     

    Mina ne put terminer sa phrase, elle mourut soudainement avant de révéler l'avenir des deux princes. Sa voix résonnait encore dans l'air, la question flottait dans le souffle de leur haleine saccadée, ils se regardèrent suspicieusement. L'idée que le premier allait mourir en laissant la place à l'autre les fît frémir de terreur, qui devait être le premier, qui allait donc mourir pour l'avenir de l'autre ? Ils avaient tout partager mais pas cette mort, pas la mort, non ils ne pouvaient pas partager la mort.

     

    Personne ne pourrait jamais leur donner la fin de l'oracle de Mina ... elle mourut sans descendance, elle s'était consacrée toute son existence à s'occuper des affaires des autres, à leur annoncer ce qu'ils seraient, ce qu'ils devaient faire, mais elle ne s'était jamais occupé d'elle, aucune famille, aucune fille pour reprendre sa place, ses oracles, sa magie, il n'y aura personne pour achever l'oracle. Elle n'avait jamais songé à avoir une famille et s'assurer une descendance, plus rien à s'offrir, la dernière magicienne du pays de Kandirah venait de mourir partant avec son secret, le lourd secret qui provoqua une guerre fratricide entre les deux princes. Chaos et Mal règnent désormais à Kandirah, chacun des habitants ayant choisi l'un des deux camps, lui jurant fidélité à la mort et maudissant la partie opposée, que de morts, que de guerres, que de mal pour éviter une seule mort.

     

     

     


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    Comme une goutte de vent quand la pluie souffle, je me suis engouffré dans le plus proche abri trouvé, je voulais échapper à l’orage, haut désespoir.

      

    Je découvre alors, étant entré par inadvertance dans cette librairie ancienne, de beaux livres parmi des tonnes d’occasions. Soudain, loin du monde, j'en oublie tous les tracas quotidiens, je me perds des heures dans cet univers de papier. Je souhaite ne pas être dérangé, je lis, je bouquine, et rien ne me fera sortir de ma délectable lecture. Un livre, est un immense univers placé entre nos mains, restant encore et toujours le seul reflet de l’avis (la vie) d’un auteur. Qu’il soit roman ou essai philosophique, livre d’art ou oeuvrette achetée au hasard en gare... tout livre est un paysage reposant, un pays aux merveilles. Le cœur plein de joie, je venais de découvrir ce monde bien caché et insoupçonné pourtant si proche de moi, là à quatre pas. Tout le monde sait lire, il paraît, faut-il encore savoir quoi lire ?

      

    Certains ne lisent que des journaux pour connaître chaque jour les informations fraîchement déroulées, un petit article se lit vite, ça ne fait pas trop de mal aux yeux, on gagne du temps, alors qu’un roman ou une épopée style "Guerre et Paix" ne peut que vous faire perdre votre temps, il y a trop de personnages, trop de détails, trop de lettres, trop de, trop de... je n’ai pas le temps, vraiment pas le temps à lire ces quelque mille pages, et puis j’ai vu le film (d'ailleurs je dévore aussi les nouvelles à la télé).

      

    D’autres ne jurent que par les classiques. Il faut qu'un livre soit encensé, applaudi par la critique. Il lui faut un minimum de 100 ans d’âge. Il doit avoir fait son chemin parmi le peuple pour être sûr qu’il dira vrai, que je daigne m’y intéresser. Il faut surtout que le livre soit ancien pour en garnir ma vieille bibliothèque de 3 000 âmes dont je n’ai au demeurant jamais tourner une seule page. Comme le bon vin, plus il sera vieux, plus il me semblera bon. Plus il sera vieux et très rare (peut-être ?) plus il sera cher à mon cœur, et cher à mon porte-monnaie aussi, mais j’ai les sous, des sous plein mes poches, ....... alors ?

      

    Enfin, les plus bizarres de ces animaux lectants ou bouquetins, comment appeler quelqu’un qui lit ? (Non, ne l’appelez-pas ! Vous le dérangeriez, n’oubliez pas qu’il est en train de lire), cette race d’animaux qui lisent de tout et de rien. Ils regardent la publicité pour ceci, pour cela, ils gobent et englobent tout et achètent, consomment, s’assomment. Il est vrai que certains prix sont modestes, et puis la publicité pour certains ouvrages était belle alors cela donne le besoin, cela crée l’envie de voir par soi-même comment ça marche le bouquin de celui-ci, de celui-là, enfin le produit à Félix (ou Zézette, l'épouse X), l'œuvre de machin, de truc, d’un tel lectuel.

      

    Il faut que je me décide donc à me gaver d'un auteur. Dans un rayon rangé à ma hauteur, à mon auteur, je prends le livre, l’instrument de ma joie, celui que je vois si beau, si doré et brillant, celui qui me frappe les yeux et m’en bouche deux coins. Il me chante l’amour de sa couverture allègre, et à ce titre, je commence à aspirer sa lectance. Je vais partager une vie, des angoisses, des émotions dans mon ouvrage et je vais prendre mon pied. Jusqu’à demain peut-être m’évader, enfin. Je vais l’aimer ou le détester mon petit auteur à moi. Aux premières pages lues, je saurais s’il est l’auteur de ma vie, le seul à me faire m’échapper ailleurs. La réalité, je la trouve si laide que j’ai besoin d’aller ailleurs et de m’inventer (grâce à cette substance autorisée et licite qu’est un livre) un monde où je voudrais tant vivre. Pour que mon esprit ne se fatigue pas de trop, je laisse mon auteur penser pour moi, je ne suis qu’un petit devant les grandes idées de mon auteur, alors qu'il pense pour moi.

      

    Pansez-moi, docteur, je médite enfermé avec mon livre, son livre, et je ne veux que la paix, paix intérieur avec un ouvrage à lire. Je m’en fais désormais ma joie, ma vie, ma petite existence des milliers de mots où je me noie.

     

    Des livres et moi, délivrez-moi.

     

     

     

     

     


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    Anne est invisible, Alain est un visible.

     

    On voit Alain partout, c'est le premier à oser se montrer, passant partout, voulant se faire connaître de tout le monde, et tout le monde le voyait s'organiser, s'établir, il n'y aurait vraiment qu'un aveugle pour manquer les tours d'un tel phénomène.

     

    Alain est un visible.

     

    Anne n'est jamais remarquée quand elle suit Alain, partout où ils se rendent on ne voit que lui, la jeune fille est assez vite éclipsée par l'artiste qui s'accapare l'audience, elle reste alors là, blottie dans son coin à le regarder faire, et à attendre que le show se termine. Personne ne jette même un regard sur elle.

     

    Anne est invisible.

     

    Ce petit bout de femme a pourtant de la voix, chez eux elle est la seule à prendre le téléphone, la seule habituée à l'utiliser. Alain dépend d'Anne pour cet instrument de communication comme Anne compte sur Alain pour leurs soirées lorsque il s'exhibe ouvertement faisant son numéro pour des audiences encore médusées. Alain, maître de la scène, est l'homme-orchestre du couple. Anne, restant en coulisse, range docilement les accessoires du pitre, inutiles pour le numéro du moment.

     

    Elle s'en est fait une raison :

    rester la calme et muette collaboratrice du mime, roi de la pantomime, passant des soirs de spectacle à observer l'artiste qui fait ses cabrioles et ses tours, elle n'est vraiment pas douée pour suivre la cadence spectaculaire d'Alain et préfère donc s'occuper des coulisses, lui laissant les lauriers de cette gloire retentissante. Elle ne sait même pas bien tirer sa révérence. Elle ne sait qu'organiser toutes ces choses qui ne se voient pas : les tractations, les rendez-vous, l'organisation des spectacles de son comique pas causant. Elle est son imprésario, sa voix, son interprète, sa muse.

     

    Alain et Anne se suivent, s'entraident en se complétant l'un l'autre, chacun avec son rôle bien défini. Depuis leur rencontre, au mois de mai, place Saint-Marc à Venise, lui, fait son numéro silencieusement, elle, regarde attentivement son équilibriste, habile faiseur de gestes. La première fois qu'ils s'aperçurent, leurs coeurs ne purent s'empêcher de battre, de battre si fortement qu'il dût interrompre sa pantomime : tout le monde entendait ce bruit incessant qui échappait à tout contrôle, pour un numéro silencieux c'était inadmissible.

     

    Leurs coeurs amoureux résonnaient et résonnaient. Alain, plongé dans son monde de silence, n'entendait rien. Anne lui cria d'arrêter, de reprendre ses esprits, de se calmer et de refaire son numéro une fois l'émotion passée. Ce fût la première fois qu'il avait tout compris, tous les mots qu'elle lui disait simplement en la regardant, appréciant chaque parlé de ses douces lèvres roses.

     

    Muet en spectacle, il n'entendait rien dans la vie car il était sourd.

     

    Il eût pourtant confiance en ce petit bout de femme apaisant dont personne du public, de son public ne portait de regard sur elle et qui, par le miracle de l'amour et de la vie suprême, sut toucher son petit cœur à lui, elle sut dialoguer, lui ouvrir les oreilles à ses douces paroles d'amoureuse.

     

     

     

     


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    Avez-vous déjà visité la maison de pierre ?

    C'est une petite maison bien simple qui ne possède qu'une seule pièce. On y entre par une grande porte en bois, jamais close puisqu'il n'y a pas de serrure. Pour voir la maison de pierre on traverse un immense parc d'où surgissent des milliers d'arbres, plus splendides les uns les autres. Personne ne peut se tromper, il suffit de suivre, au gré de ses balades, le chemin de briques jaunes qui conduit à la maison de pierre, la route vous montrant la voie, suivez donc la route pour Ose.

     

    Le parc est libre d'entrée, pas de gardiens, pas d'interdits, pas de grilles fermant l'accès,

    on est libre d'entrer, de visiter, d'aller et venir, c'est un Paradis.

     

    Dans la maison de pierre, il y a une seule et mystérieuse pièce, vide de meubles, sans papier peint,

    juste trois portes face à l'entrée devant un grand mur blanc.

     

    Toujours libre de faire, de venir et d'aller, chacun a le droit de choisir une porte, sa porte, de l'ouvrir afin de voir ce qu'elle cache derrière.

    Il y a une grande porte, une moyenne et une petite porte.

     

    Ce choix a tout de même un petit problème : il est impossible d'aller s'engouffrer dans le passage ouvert par la petite porte,

    tout y est étroit, minuscule ...

     

    Petite porte uniquement destinée aux lilliputiens.

    Prendre la moyenne porte permet de sortir par la grande porte

    La grande porte, elle, amène la moyenne.

     

    Un long couloir entre les deux portes pour les relier, voilà le secret des deux portes. C'est un infini et circulaire parcours du combattant.

    Combattant d'une logique qui vous tourne en rond.

     

    Et la seule échappatoire : c'est la petite porte.

     

    Dans cet univers libre, beaucoup sont partis, ils ont abandonné les trois portes, ils ont quitté la maison de pierre pour aller flâner dans le beau parc et ses alentours, ils n'ont gardé pour souvenir que de longues promenades, leurs longues et belles promenades.

     

    D'autres, plus obstinés, plus têtus, voulaient absolument comprendre et continuèrent le drôle de manège autour des portes. L'espoir de découvrir un passage secret, un univers accessible dans le long couloir circulaire.

     

    Tournez et tournez autour des portes, tournez et tournez !

    Ils s'emportèrent petit à petit.

     

    Les hommes, s'estimant trop grands en face d'une simple petite porte, ne pouvaient imaginer l'accès possible à traverser. Pourtant derrière il y avait Alice, le Lapin Blanc et le Monde des Merveilles.

     

    Monde que chacun peut atteindre.

    Mais comment faire ?

     

    C'est aussi simple que la petite porte.

     

    Il suffit d'être petit, il suffit lucidement de se rendre petit. Devenir un enfant, redevenir enfant, un petit, reprendre cette foi d'enfant où l'on croit toujours au magique, au possible, au vrai.

    L'humble qui se présente devant la petite porte arrivera à la passer et à rejoindre le monde qu'elle abrite. Un monde si voyant, si présent mais difficile d'accès car personne ne se donne ses moyens de l'atteindre.

     

    Ce n'est pas interdit d'y aller, chacun de nous peut s'y rendre.

     

    L'impossible est impossible car on le voit, on le croit impossible mais si on se fixe l'idée d'un possible alors on le verra ce possible.

    Humblement et lucidement, débarrassé de toute idée venue d'ailleurs, se fixer son idée, son opinion, sa personnalité.

     

    Être soi, être ce que l'on doit être pour soi, pas pour le regard des autres.

    Ne pas être ce que les autres veulent vous voir être.

    Débarrassé de l'idée d'ailleurs, humble, aller vers la petite porte qui vous donnera, une fois ouverte et traversée, le monde,

    son monde, votre monde.

     

    Changer tout en soi pour redevenir.

     

    Ceux qui voient grand, qui s'enorgueillissent de leur grandeur, se sentant supérieur car ils croient savoir, ne sont pas capables d'ouvrir les yeux et de comprendre le simple, le petit. Ils tournent leur ronde autour des deux autres portes. Ils s'emportent sur des points inutiles, ils cherchent et pensent et font croire à des idées complexes qu'ils estiment malheureusement vraies eux-aussi.

     

    La petite porte, elle, simple et seule, conduit vers le Paradis, ce monde qui devrait être, qui sera. Un jour, tout le monde passera par la petite porte, tout le monde trouvera celui qui pourra nous montrer comment passer la petite porte.

     

    Et ce jour-là ...

     

    Après être passé par la petite porte, tout s'éclairera, tout sera simple et divin. Au sortir de la petite porte, après avoir retrouvé le Paradis, redécouvert son monde, tout aura un sens, tout sera facilement compris, comprenable.

     

    Tout portera son sens.

     

     

    Le Monde sera ..... et Dieu nous sourira.

     

    Petit à petit, l'étroit porte...

     

     

     


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    La Grande Sauterelle aimait les Petits Crapauds.

     

     

     

    Elle venait souvent les côtoyer autour de l'étang, près des nénuphars, elle savait comment les accoster. Les braves bêtes, du jour où ils avaient découvert que cette Miss Dinguette les adorait, ne se firent pas prier. Ils tentaient de la charmer encore plus fortement en mettant leurs plus beaux atours, ils se faisaient si charmants, si séduisants à des lieux de leur laide réalité. Pourquoi aimait-elle la laideur, elle si élégante, si belle dans sa carapace vert des bois ?

     

    Les crapauds espéraient être tous ses amants, transis, ils se mourraient d'amour sur leurs feuilles de nénuphar quand l'affectueuse sauterelle s'occupait d'un autre prétendant. Tous tentaient de l'abaisser à se donner, elle qui ne donnait que des baisers, avec l'espoir qu'un jour l'un de ces crapauds deviendrait son prince. Dans cette petite nature trop verte, le pêcheur de perches et de truites ne voyait rien, absolument rien, il entendait. Comment imaginer un croisement entre sauterelles et crapauds ?

     

    La nature et ses charmes secrets ne permettent à personne de l'observer complètement, difficile d'y connaître lucidement toutes ses profondeurs, les bruits des fôrets et des bois sont les seuls charmes que nous pouvons nous partager.

     

    La sauterelle aimait les beaux discours, elle vibrait aux moindres paroles d'amour que les crapauds, tous spécialistes de l'oral, faisaient entendre à la verte donzelle. Elle se languissait de leurs ébats oratoires, mais c'est qu'ils savaient causer les laids ! Parfois elle se sentait si petite face à ces grands bavards.

     

    Pour la bagatelle, ils étaient plutôt fainéants, ils devenaient muets, n'ayant que la théorie sans la pratique. Mais elle ne s'en souciait guère tant qu'elle avait la tête qui lui tournait à leurs splendides proses. Parfois quelques uns agrémentaient leurs récitations de légères poésies, ils s'essayaient à taquiner la muse, ils adoraient amuser la taquine. Les crapauds devaient lui vider tout leur sac, en abondance.

     

    L'été, chaque soir, la romance débutait pour aller crescendo. Les chants d'amour de tous ces crapauds augmentaient au fur et à mesure qu'avançait la chaude nuit d'été. Le pêcheur, qui habitait non loin de l'étang, ne pouvait pas bien dormir, il y avait la chaleur et les choeurs de l'armée verte.

     

    La sérénade des cigales, si douce et berçante, avait laissé place à de grosses lamentations bruyantes et diffuses. Le pêcheur avait les boules ... les boules QUILÈS.

     

    Les ténors faisaient la ronde autour de la fillette insecte. L'opéra durait ainsi des heures. Ils la captivaient par leurs brillants gosiers qu'elle en pâmait, se croyant arrivée au septième ciel.

     

    Toute la nuit à chanter ça vous fatigue la bête, les crapauds, dès que le matin se pointait à l'horizon, s'endormaient, las de leurs musiques. La sauterelle réalisait qu'elle venait encore une fois de les exploiter, elle rougissait.

     

    La Grande Sauterelle cherchait l'amour parlé des laids comme d'autres recherchent l'amour parfait d'effets.

     

     

     

     

     


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    L'angoisse des écrivains s'installa doucement en moi en cette froide journée de pluvieux automne car je voulais écrire, j'avais des idées qui fusionnaient en ma tête, il me restait à prendre quelques feuilles et les mettre en cours sur une blanche flore.

     

    Mais comment rédiger ?

     

    En commençant mon brouillon, les ratures s'amoncelaient. Je ne voulais surtout pas m'engager dans de supposés "P'être ben qu'oui - P'être ben qu'non". Si j'écris, je resterai fidèle à mon poste, je ne me mentirai pas d'illusions, même si, à peine débuté, le texte ne sera que griffonnage et dessinage. Des "si" nagent mais pas des "non". Circulant mon stylo ou une de ces machines de traitement de texte pour écrire avec énergie je n'aurai pas de panne d'essence, j'ai le flair et le blaire pour recharger à temps, je sens les instants. Pour l'imaginaire j'en ai à vous remplir un réservoir.

     

    Pourquoi j'écris... ? Pour quoi je crie... ?

     

    L'univers le plus adapté à mon esprit tordant se trouva un jour au hasard, en présence d'un ami écrivain, pardon, auteur. Il exige que je le nomme "auteur" alors, pour le taquiner, je m'autorise à l'auteuriser. Bien qu'il n'ait pas encore gravi les hautes marches de la gloire, il s’est proclamé grand auteur, je dois donc le déclarer grande et sérénissime hauteur. À l'époque où mes premiers écrits ne demandaient qu'à sortir de mon esprit vagabond, je vivais en Lorraine, et cet auteur, ami nancéien, s'écrivait de petites histoires qui ne faisaient même pas quinze lignes, des scénettes qu’il collait sur des fiches cartonnées comme d’autres vont épingler des papillons qu’ils collectionnent.

     

    Il voulait alimenter des théâtreux à peine sortis eux-aussi de leur cocon, et qui, tout comme lui, étaient dans leur monde, vivaient leur monde. Un monde si haut qu’il n’est pas accessible au bas et vil peuple que nous sommes, nous sommes trop du côté court pour entrer dans leur jardin.

     

    Ces drôles d’insectes volants de leurs hauteurs se voyaient déjà en haut de l’affiche (peut-être même en haut de la quiche, quiche lorraine, bien sûr). Pardon ! Je casse à l'eau tout ce petit monde de fausses complaisances, mais c'est bon, si bon, c'est si bon... vous connaissez la chanson.

     

    Copiant donc Sa Sérénissime Hauteur, j'eus l'idée de faire moi aussi des historiettes. Des pensées pour chaque jour, quelques messages, revus mais sages sur notre quotidien.

     

    Au fil du temps l'internet s'installa doucement dans nos foyers et les blogs furent créés pour que chacun puisse écrire et donner son idée, son image de la vie, j'ai ajouté des poésies a mes petits ouvrages pour mieux m'exprimer sur la toile internet,

     

    Me voilà donc parti pour ces quelques basses œuvres de débutant comme le bon écrivain que je tentais de devenir, moi aussi. Je ne resterai peut-être qu'un petit, ne me prétendant jamais un écrivain, un grand auteur sans laisser le public juger de mon devenir, merci d'avance si vous aimez ces pages.

     

    Mes petits contes en prose ou en poésie allaient souffler toutes mes vastes et légères idées sur la flore d'automne.

     

    Régalez-vous donc de mes règlements de contes.

     

     

     

     


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