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    Comme une goutte de vent quand la pluie souffle, je me suis engouffré dans le plus proche abri trouvé, je voulais échapper à l’orage, haut désespoir.

      

    Je découvre alors, étant entré par inadvertance dans cette librairie ancienne, de beaux livres parmi des tonnes d’occasions. Soudain, loin du monde, j'en oublie tous les tracas quotidiens, je me perds des heures dans cet univers de papier. Je souhaite ne pas être dérangé, je lis, je bouquine, et rien ne me fera sortir de ma délectable lecture. Un livre, est un immense univers placé entre nos mains, restant encore et toujours le seul reflet de l’avis (la vie) d’un auteur. Qu’il soit roman ou essai philosophique, livre d’art ou oeuvrette achetée au hasard en gare... tout livre est un paysage reposant, un pays aux merveilles. Le cœur plein de joie, je venais de découvrir ce monde bien caché et insoupçonné pourtant si proche de moi, là à quatre pas. Tout le monde sait lire, il paraît, faut-il encore savoir quoi lire ?

      

    Certains ne lisent que des journaux pour connaître chaque jour les informations fraîchement déroulées, un petit article se lit vite, ça ne fait pas trop de mal aux yeux, on gagne du temps, alors qu’un roman ou une épopée style "Guerre et Paix" ne peut que vous faire perdre votre temps, il y a trop de personnages, trop de détails, trop de lettres, trop de, trop de... je n’ai pas le temps, vraiment pas le temps à lire ces quelque mille pages, et puis j’ai vu le film (d'ailleurs je dévore aussi les nouvelles à la télé).

      

    D’autres ne jurent que par les classiques. Il faut qu'un livre soit encensé, applaudi par la critique. Il lui faut un minimum de 100 ans d’âge. Il doit avoir fait son chemin parmi le peuple pour être sûr qu’il dira vrai, que je daigne m’y intéresser. Il faut surtout que le livre soit ancien pour en garnir ma vieille bibliothèque de 3 000 âmes dont je n’ai au demeurant jamais tourner une seule page. Comme le bon vin, plus il sera vieux, plus il me semblera bon. Plus il sera vieux et très rare (peut-être ?) plus il sera cher à mon cœur, et cher à mon porte-monnaie aussi, mais j’ai les sous, des sous plein mes poches, ....... alors ?

      

    Enfin, les plus bizarres de ces animaux lectants ou bouquetins, comment appeler quelqu’un qui lit ? (Non, ne l’appelez-pas ! Vous le dérangeriez, n’oubliez pas qu’il est en train de lire), cette race d’animaux qui lisent de tout et de rien. Ils regardent la publicité pour ceci, pour cela, ils gobent et englobent tout et achètent, consomment, s’assomment. Il est vrai que certains prix sont modestes, et puis la publicité pour certains ouvrages était belle alors cela donne le besoin, cela crée l’envie de voir par soi-même comment ça marche le bouquin de celui-ci, de celui-là, enfin le produit à Félix (ou Zézette, l'épouse X), l'œuvre de machin, de truc, d’un tel lectuel.

      

    Il faut que je me décide donc à me gaver d'un auteur. Dans un rayon rangé à ma hauteur, à mon auteur, je prends le livre, l’instrument de ma joie, celui que je vois si beau, si doré et brillant, celui qui me frappe les yeux et m’en bouche deux coins. Il me chante l’amour de sa couverture allègre, et à ce titre, je commence à aspirer sa lectance. Je vais partager une vie, des angoisses, des émotions dans mon ouvrage et je vais prendre mon pied. Jusqu’à demain peut-être m’évader, enfin. Je vais l’aimer ou le détester mon petit auteur à moi. Aux premières pages lues, je saurais s’il est l’auteur de ma vie, le seul à me faire m’échapper ailleurs. La réalité, je la trouve si laide que j’ai besoin d’aller ailleurs et de m’inventer (grâce à cette substance autorisée et licite qu’est un livre) un monde où je voudrais tant vivre. Pour que mon esprit ne se fatigue pas de trop, je laisse mon auteur penser pour moi, je ne suis qu’un petit devant les grandes idées de mon auteur, alors qu'il pense pour moi.

      

    Pansez-moi, docteur, je médite enfermé avec mon livre, son livre, et je ne veux que la paix, paix intérieur avec un ouvrage à lire. Je m’en fais désormais ma joie, ma vie, ma petite existence des milliers de mots où je me noie.

     

    Des livres et moi, délivrez-moi.

     

     

     

     

     


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    Anne est invisible, Alain est un visible.

     

    On voit Alain partout, c'est le premier à oser se montrer, passant partout, voulant se faire connaître de tout le monde, et tout le monde le voyait s'organiser, s'établir, il n'y aurait vraiment qu'un aveugle pour manquer les tours d'un tel phénomène.

     

    Alain est un visible.

     

    Anne n'est jamais remarquée quand elle suit Alain, partout où ils se rendent on ne voit que lui, la jeune fille est assez vite éclipsée par l'artiste qui s'accapare l'audience, elle reste alors là, blottie dans son coin à le regarder faire, et à attendre que le show se termine. Personne ne jette même un regard sur elle.

     

    Anne est invisible.

     

    Ce petit bout de femme a pourtant de la voix, chez eux elle est la seule à prendre le téléphone, la seule habituée à l'utiliser. Alain dépend d'Anne pour cet instrument de communication comme Anne compte sur Alain pour leurs soirées lorsque il s'exhibe ouvertement faisant son numéro pour des audiences encore médusées. Alain, maître de la scène, est l'homme-orchestre du couple. Anne, restant en coulisse, range docilement les accessoires du pitre, inutiles pour le numéro du moment.

     

    Elle s'en est fait une raison :

    rester la calme et muette collaboratrice du mime, roi de la pantomime, passant des soirs de spectacle à observer l'artiste qui fait ses cabrioles et ses tours, elle n'est vraiment pas douée pour suivre la cadence spectaculaire d'Alain et préfère donc s'occuper des coulisses, lui laissant les lauriers de cette gloire retentissante. Elle ne sait même pas bien tirer sa révérence. Elle ne sait qu'organiser toutes ces choses qui ne se voient pas : les tractations, les rendez-vous, l'organisation des spectacles de son comique pas causant. Elle est son imprésario, sa voix, son interprète, sa muse.

     

    Alain et Anne se suivent, s'entraident en se complétant l'un l'autre, chacun avec son rôle bien défini. Depuis leur rencontre, au mois de mai, place Saint-Marc à Venise, lui, fait son numéro silencieusement, elle, regarde attentivement son équilibriste, habile faiseur de gestes. La première fois qu'ils s'aperçurent, leurs coeurs ne purent s'empêcher de battre, de battre si fortement qu'il dût interrompre sa pantomime : tout le monde entendait ce bruit incessant qui échappait à tout contrôle, pour un numéro silencieux c'était inadmissible.

     

    Leurs coeurs amoureux résonnaient et résonnaient. Alain, plongé dans son monde de silence, n'entendait rien. Anne lui cria d'arrêter, de reprendre ses esprits, de se calmer et de refaire son numéro une fois l'émotion passée. Ce fût la première fois qu'il avait tout compris, tous les mots qu'elle lui disait simplement en la regardant, appréciant chaque parlé de ses douces lèvres roses.

     

    Muet en spectacle, il n'entendait rien dans la vie car il était sourd.

     

    Il eût pourtant confiance en ce petit bout de femme apaisant dont personne du public, de son public ne portait de regard sur elle et qui, par le miracle de l'amour et de la vie suprême, sut toucher son petit cœur à lui, elle sut dialoguer, lui ouvrir les oreilles à ses douces paroles d'amoureuse.

     

     

     

     


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    Avez-vous déjà visité la maison de pierre ?

    C'est une petite maison bien simple qui ne possède qu'une seule pièce. On y entre par une grande porte en bois, jamais close puisqu'il n'y a pas de serrure. Pour voir la maison de pierre on traverse un immense parc d'où surgissent des milliers d'arbres, plus splendides les uns les autres. Personne ne peut se tromper, il suffit de suivre, au gré de ses balades, le chemin de briques jaunes qui conduit à la maison de pierre, la route vous montrant la voie, suivez donc la route pour Ose.

     

    Le parc est libre d'entrée, pas de gardiens, pas d'interdits, pas de grilles fermant l'accès,

    on est libre d'entrer, de visiter, d'aller et venir, c'est un Paradis.

     

    Dans la maison de pierre, il y a une seule et mystérieuse pièce, vide de meubles, sans papier peint,

    juste trois portes face à l'entrée devant un grand mur blanc.

     

    Toujours libre de faire, de venir et d'aller, chacun a le droit de choisir une porte, sa porte, de l'ouvrir afin de voir ce qu'elle cache derrière.

    Il y a une grande porte, une moyenne et une petite porte.

     

    Ce choix a tout de même un petit problème : il est impossible d'aller s'engouffrer dans le passage ouvert par la petite porte,

    tout y est étroit, minuscule ...

     

    Petite porte uniquement destinée aux lilliputiens.

    Prendre la moyenne porte permet de sortir par la grande porte

    La grande porte, elle, amène la moyenne.

     

    Un long couloir entre les deux portes pour les relier, voilà le secret des deux portes. C'est un infini et circulaire parcours du combattant.

    Combattant d'une logique qui vous tourne en rond.

     

    Et la seule échappatoire : c'est la petite porte.

     

    Dans cet univers libre, beaucoup sont partis, ils ont abandonné les trois portes, ils ont quitté la maison de pierre pour aller flâner dans le beau parc et ses alentours, ils n'ont gardé pour souvenir que de longues promenades, leurs longues et belles promenades.

     

    D'autres, plus obstinés, plus têtus, voulaient absolument comprendre et continuèrent le drôle de manège autour des portes. L'espoir de découvrir un passage secret, un univers accessible dans le long couloir circulaire.

     

    Tournez et tournez autour des portes, tournez et tournez !

    Ils s'emportèrent petit à petit.

     

    Les hommes, s'estimant trop grands en face d'une simple petite porte, ne pouvaient imaginer l'accès possible à traverser. Pourtant derrière il y avait Alice, le Lapin Blanc et le Monde des Merveilles.

     

    Monde que chacun peut atteindre.

    Mais comment faire ?

     

    C'est aussi simple que la petite porte.

     

    Il suffit d'être petit, il suffit lucidement de se rendre petit. Devenir un enfant, redevenir enfant, un petit, reprendre cette foi d'enfant où l'on croit toujours au magique, au possible, au vrai.

    L'humble qui se présente devant la petite porte arrivera à la passer et à rejoindre le monde qu'elle abrite. Un monde si voyant, si présent mais difficile d'accès car personne ne se donne ses moyens de l'atteindre.

     

    Ce n'est pas interdit d'y aller, chacun de nous peut s'y rendre.

     

    L'impossible est impossible car on le voit, on le croit impossible mais si on se fixe l'idée d'un possible alors on le verra ce possible.

    Humblement et lucidement, débarrassé de toute idée venue d'ailleurs, se fixer son idée, son opinion, sa personnalité.

     

    Être soi, être ce que l'on doit être pour soi, pas pour le regard des autres.

    Ne pas être ce que les autres veulent vous voir être.

    Débarrassé de l'idée d'ailleurs, humble, aller vers la petite porte qui vous donnera, une fois ouverte et traversée, le monde,

    son monde, votre monde.

     

    Changer tout en soi pour redevenir.

     

    Ceux qui voient grand, qui s'enorgueillissent de leur grandeur, se sentant supérieur car ils croient savoir, ne sont pas capables d'ouvrir les yeux et de comprendre le simple, le petit. Ils tournent leur ronde autour des deux autres portes. Ils s'emportent sur des points inutiles, ils cherchent et pensent et font croire à des idées complexes qu'ils estiment malheureusement vraies eux-aussi.

     

    La petite porte, elle, simple et seule, conduit vers le Paradis, ce monde qui devrait être, qui sera. Un jour, tout le monde passera par la petite porte, tout le monde trouvera celui qui pourra nous montrer comment passer la petite porte.

     

    Et ce jour-là ...

     

    Après être passé par la petite porte, tout s'éclairera, tout sera simple et divin. Au sortir de la petite porte, après avoir retrouvé le Paradis, redécouvert son monde, tout aura un sens, tout sera facilement compris, comprenable.

     

    Tout portera son sens.

     

     

    Le Monde sera ..... et Dieu nous sourira.

     

    Petit à petit, l'étroit porte...

     

     

     


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    La Grande Sauterelle aimait les Petits Crapauds.

     

     

     

    Elle venait souvent les côtoyer autour de l'étang, près des nénuphars, elle savait comment les accoster. Les braves bêtes, du jour où ils avaient découvert que cette Miss Dinguette les adorait, ne se firent pas prier. Ils tentaient de la charmer encore plus fortement en mettant leurs plus beaux atours, ils se faisaient si charmants, si séduisants à des lieux de leur laide réalité. Pourquoi aimait-elle la laideur, elle si élégante, si belle dans sa carapace vert des bois ?

     

    Les crapauds espéraient être tous ses amants, transis, ils se mourraient d'amour sur leurs feuilles de nénuphar quand l'affectueuse sauterelle s'occupait d'un autre prétendant. Tous tentaient de l'abaisser à se donner, elle qui ne donnait que des baisers, avec l'espoir qu'un jour l'un de ces crapauds deviendrait son prince. Dans cette petite nature trop verte, le pêcheur de perches et de truites ne voyait rien, absolument rien, il entendait. Comment imaginer un croisement entre sauterelles et crapauds ?

     

    La nature et ses charmes secrets ne permettent à personne de l'observer complètement, difficile d'y connaître lucidement toutes ses profondeurs, les bruits des fôrets et des bois sont les seuls charmes que nous pouvons nous partager.

     

    La sauterelle aimait les beaux discours, elle vibrait aux moindres paroles d'amour que les crapauds, tous spécialistes de l'oral, faisaient entendre à la verte donzelle. Elle se languissait de leurs ébats oratoires, mais c'est qu'ils savaient causer les laids ! Parfois elle se sentait si petite face à ces grands bavards.

     

    Pour la bagatelle, ils étaient plutôt fainéants, ils devenaient muets, n'ayant que la théorie sans la pratique. Mais elle ne s'en souciait guère tant qu'elle avait la tête qui lui tournait à leurs splendides proses. Parfois quelques uns agrémentaient leurs récitations de légères poésies, ils s'essayaient à taquiner la muse, ils adoraient amuser la taquine. Les crapauds devaient lui vider tout leur sac, en abondance.

     

    L'été, chaque soir, la romance débutait pour aller crescendo. Les chants d'amour de tous ces crapauds augmentaient au fur et à mesure qu'avançait la chaude nuit d'été. Le pêcheur, qui habitait non loin de l'étang, ne pouvait pas bien dormir, il y avait la chaleur et les choeurs de l'armée verte.

     

    La sérénade des cigales, si douce et berçante, avait laissé place à de grosses lamentations bruyantes et diffuses. Le pêcheur avait les boules ... les boules QUILÈS.

     

    Les ténors faisaient la ronde autour de la fillette insecte. L'opéra durait ainsi des heures. Ils la captivaient par leurs brillants gosiers qu'elle en pâmait, se croyant arrivée au septième ciel.

     

    Toute la nuit à chanter ça vous fatigue la bête, les crapauds, dès que le matin se pointait à l'horizon, s'endormaient, las de leurs musiques. La sauterelle réalisait qu'elle venait encore une fois de les exploiter, elle rougissait.

     

    La Grande Sauterelle cherchait l'amour parlé des laids comme d'autres recherchent l'amour parfait d'effets.

     

     

     

     

     


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    Quel beau métier il fait donc là, Monsieur le Préposé des Parcmètres. Entretenir les machines qui font payer aux gens le droit de loger leur véhicule en ville quelque temps. Récupérer les pièces qui ont été logées dans le ventre gourmand des boîtes à sous.


    C’est ce qui s’appelle l’impôt urbain de nos temps modernes.


    Monsieur le Parc-maître est, par excellence, un employé modèle, si l’argent donne le droit, l’argent peut tout, l’argent apporte tout, son droit c’est l’argent. Il sacrifie tout à son métier, il ne vit que pour l’argent qu’il rapporte, qui lui rapporte.

    Il bichonne, caresse ces petites boîtes, y tenant plus qu’à la prunelle de ses yeux. Il serait chômeur sans elles, le pauvre.

    Prince dans sa ville, il se jette sur ces machines, sujets de son soi-disant royaume de prince consort, consorti de la cuisse de Jupiter. Il frémit d’un indescriptible bonheur dés que l’argent emplit les sacs placés sous les parcmètres. Pourtant notre prince n’est rien d’autre qu’une fripouille, un de ces gagne-petit, pleine erreur de petite frappe. L’agent des parcs se croit malin, l’ignoble profiteur, goujat de première, sous des dehors de respectable agent administratif, roule la ville, roule l’administration.


    Oui, il roule dans un beau cabriolet couleur rouge.

    Monsieur n’est jamais seul à l’ouvrage, le Prince consort a une consœur, il est toujours suivi de Madame. Où l’un il va, l’autre le suit. Le couple est admirable, un couple de légende dont il faut présenter l’autre moitié : elle est femme au foyer mais jamais chez elle quand monsieur travaille, une épouse qui talonne pas à pas le conjoint fonctionnaire. Laissant ses tâches ménagères pour préférer suivre son double d’époux. Il lui faut bien une raison, un motif pour s’obstiner à escorter ainsi le mari.

    Voici donc l’ignoble et lucratif stratagème du couple glorieux, oui glorieux car ils resteront gravés dans les mémoires des lecteurs, enfin je l’espère, ils en valent la peine.

    La dame transporte les sacs à récolter les pièces du sieur. Certains de ces sacs sont à moitié vide mais un seul est toujours et largement plein, celui-ci est tellement rempli qu'il pourrait s’en découdre les coutures.
    Monsieur et Madame redonnent à l’administration les sacs à moitié vide, alors, ils se régalent du reste, un simple et petit sac qui, lui, est celui plein à ras bord.

    Monsieur et Madame prirent un soir un train de nuit pour des vacances dans le Sud. Madame a peur de l’avion et préfère un contact avec le sol. Ne sortant leur superbe voiture que pour briller en société, et uniquement dans leur ville, la formule du train leur plaisait agréablement pour les vacances. Ce soir-là, donc, pendant un sommeil lourd, lourd comme un lingot d’or (d’horodateur, devrais-je dire), elle se confessa, ayant quelque remords en ce chaud soir d’été, agitée par le train-train, enveloppée de beaux draps de soie rose.

    Dans la couchette supérieure, je ne pus m’endormir tout de suite mais je ne pus m’empêcher aussi d’entendre la brave dame car elle avait le verbe haut.

    Mais au fait, le seul cabriolet rouge flambant neuf que vous connaissez n’est-il pas celui de vos amis ?

     

     

     


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    Dans l'association Gloup il y a des cours de relaxation.


    Le mercredi soir quand toute la ville dort, les adhérents eux viennent s'endormir en se relaxant et se reposant ou en s'hypnotisant, je ne peux vous le dire, je ne suis pas membre du club de relaxation, c'est top secret alors exceptionnellement ils m'ont caché la méthode et les façons de faire dans ce cours à relaxer. En ce soir de garde je suis déprimé et inquiet, vu l'histoire où les chères clefs partent et se déportent ailleurs, je suis encore prêt à affronter un nouveau piège, qui sait ? Je suis dans un état proche de l'Ohio.
                   

    Tom, nouveau directeur en ce soir, accueille les adhérents en cure de relaxation. Le cours de danse d'Emmanuelle étant fini, Tom ferme la salle polyvalente. Une dame adhérente, mais pas attachante allant en cours de relaxation s'angoisse déjà car Tom a fermé sa salle de relaxation. Tom est d'humeur malicieuse, il lui annonce qu'elle devra jouer le passe muraille ou le passe porte pour atteindre l'antre de relaxation, elle n'apprécie pas la plaisanterie de Tom et montre son humeur pas du tout relaxante, Tom s'en va déprimer ailleurs, un peu plus loin de la dame, il veut ne plus être pollué, il veut aussi se relaxer maintenant.

     

    Nini, ancienne employée de l'association en retraite mais adhérente au cours de relaxation vient à son cours, elle connaît la maison, Tom a confiance, elle lui montrera ce qu'il ne sait pas, elle l'aidera de son mieux. Le professeur arrive, Tom ouvre la porte de la salle polyvalente pour le cours relaxant, cela désangoisse, déstresse la détresse de la dame aux tresses, non la dame au stress, voulais-je dire, elle se voyait mal devoir jouer le passe muraille, Tom, lui, se voyait mal devoir pousser la dame en son antre des relaxations.
                   

    Problème qui arrive, problèmes qui s'accumulent, problèmes qui s'immiscent, voilà un nouveau trouble qui surgit à présent. Personne n'avait dit à Tom qu'il lui fallait faire le noir, la nuit totale en la salle pour mieux relaxer les membres du cours, il faut le silence et la nuit pour bien communiquer avec leur dieu qui relaxe. Personne ne veut de moi dans son paradis, alors je reste ici, personne ne veut de moi, alors au diable leur paradis, j'ai le mien, et vous le lisez, cher ami lecteur. Et ce paradis c'est l'enfer pour les méchants qui m'ont fait du mal car je choisis la littérature et les textes de mon humour corrosif où je les assassine avec douceur et souplesse dans mes écrits meurtriers, meurtris et maudits…



    Nini demande à Tom de l'aider, il faut fermer les rideaux, il faut nettoyer un peu la salle de danse devenant leur salle de relaxation maintenant. Nini et Tom ont une âme d'enfants, ils veulent jouer comme nous jouions à leur âge, ils veulent durant ce bref moment de relaxation se remémorer l'enfance perdue et ainsi jouer à Tarzan et Jane, les rideaux malheureusement ne sont pas aussi solides que le sont les lianes junglifères. Nini tire sur les rideaux, Tom avec sa force d'Hercule veut aussi tirer un rideau comme Nini le fait et, de toute sa force de taureau, le rideau liane se retrouve par terre, Tom Tarzan a trop tiré sur sa liane, à trop tirer sur la corde, on en perd souvent les cordons...
                   

    Nini ne savait pas qu'il y avait des cordons pour fermer les dits rideaux, Tom a suivi le mouvement de Nini, il ne savait absolument pas que ces stupides rideaux se cordeler au lieu de se tirer. Tom tire sa leçon, il y en a qui pointe les heures, lui le Tom, il tire les heures, les heurts, les hors, les dehors... Et dehors, Tom s'est tiré ailleurs, loin de ce monde d'angoisse pour adhérents si relaxés, après son service et la fermeture de l'établissement, Tom a fini la nuit hurlant au loup jusqu'à minuit passé pour aller se calmer un peu, juste un peu.

     

     

     


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    Avez-vous déjà perdu vos clefs ?


    Moi, très rarement.


    Enfin presque rarement car à mon boulot je les perds ou plutôt on me les fait perdre souvent. Moi, Tom, je travaille à l'association Gloup. Une belle petite association dans une MJC comme il en existe beaucoup mais belle n'est qu'apparence car un détail m'a surpris à mon arrivée : l'anarchie est maître dans cette association. Toutes les clefs qui ouvrent les portes, les armoires, les placards et les boîtes à clous sont en libre service pour tous dans une armoire spéciale où chacun se sert, s'aventure et les contrôles ne se font jamais, malheureusement, il est facile de prendre mais remettre en place, ça échappe aux esprits de la bonne populace.


    Chacun est soi-disant au service des autres, mais tout le monde garde secret son petit monde, ses outils et en cas d'absence, de remplacement de l'un par l'autre, personne ne sait où le divin cachottier a déposé ses petites affaires, il en faut du temps et de la patience pour chercher et trouver où l'absent, qui a toujours raison, a mis, camouflé ses ustensiles. Les clefs, ainsi que les objets voyagent dans l'association sans que les gens rappellent a l'un ou l'autre où ils ont laissé les affaires en partant en fin de leur service, et moi, un gouniaffé qui aime manger les clefs, oui, je suis un gros gouniaffé, pardonnez-moi, je n'arrive jamais à en manger une. Mon enfer dans ce monde si beau, si paradisiaque c'est que les clefs me filent, me défilent, me refilent devant comme les petits pains que l'on voit chez la charmante boulangère.


    Mais pour le malheur ou le bonheur des uns des autres, moi, Tom, je dis tout, j'annonce à tous ce que je fais, ce que je ferai. Et tout le monde voit clair en moi. Je range mes affaires et j'annonce où chacun peut les voir, les utiliser, c'est la moindre des civilités. Pas de messes basses, pas de secret, pas de cachottes, pas de chuchotes, n'avez-vous pas quelques chocottes ? Tom vous le dit en vérité, les gens sont bons, lui brave Tom est plutôt C… à une lettre prés, C c'est la lettre prés prêt et je vous la prête volontiers. Tellement limpide il est Tom, et cela coule de source, mes amis lecteurs, que je vous prête ma voix, mon âme, mon corps, ma vie…. Je l'ai gagné mon paradis, pas vrai… si j'en trouve la clef d'entrée.


    Dans l'anarchie d'un soir de novembre Tom remplace consentant et sans contrainte le directeur de l'association Gloup un peu souffrant : la grippe a attaqué tôt cet hiver. Tom le remplace parce qu'il l'a voulu, bien voulu, il s'est proposé à ce remplacement devant la foule nombreuse des volontaires qui, à la réunion du mardi où les absents sont les meilleurs, n'osaient se regarder de peur d'être choisi pour effectuer la maudite fonction. Personne ne voulait renoncer à ses occupations du soir pour effectuer cette garde de l'association pour les membres qui venaient y suivre leurs loisirs associatifs, personne ne voulait, n'a voulu remplacer notre directeur, ça sent le bon et fidèle employé, noble coeur qui préfère aller baguenauder plutôt que de faire le directeur.


    Moi, le Tom, je suis caméléon, j'ose le faire, j'ose où les autres posent, pausent. Cette soirée moi je n'ai rien prévu, et puis ce que j'aurais pu faire peut attendre un autre soir, je préfère être au boulot pour m'instruire et connaître le métier de veilleur de nuit, de metteur en scène. Ma soirée loisirs en dehors de mon boulot je la louperai donc comme certains loupent leur Bac.

    Je m'en fous des programmes alléchants de nos multi chaines, je m'en fous de ne pas aller au cinéma, de ne pas rejoindre des amis pour une soirée surprise, de ne pas me balader en ville, de ne pas être, avoir. Car ce soir je suis le roi, je suis le maître, ce soir, je vais vous jouer le directeur, d'un soir d'accord, mais le directeur quand même, ça me changera un peu et puis j'apprendrai ainsi ce qu'est ce monde merveilleux des directeurs z'heureux, mais je resterai quand même un petit Tom.


    Je gère tout et tous, je vérifie, je catalogue (comme les trois suisses), j'analyse les gens et je me débrouille car personne ne m'a renseigné sur le pourquoi, le comment, le quoi faire pour veiller sur l'établissement en cette soirée de rêve, personne ne s"est chargé de fournir le mode d'emploi de ce qu'il fallait faire. Je dois me débrouiller seul, mes amis lecteurs, mais seul, bien seul sur une île déserte où je ne vous chercherai pas Vendredi, il est avec Robinson, et vu que nous sommes un Mercredi. Sur mon île adorée j'assure, je veille, je surveille. Tom Tom Tom Tom.


    Tout le monde sait les clefs que j'utilise, les clefs de la salle d'arts plastique sont un passe pratique pour ouvrir toutes les portes et moi, je suis le maître des plastiques, et dans l'art, l'art de rien, l'air de rien je m'avance vers le panneau, l'armoire à clefs pour constater que mes clefs, chères et gratuites clefs sont absentes. Un lutin, un petit con de diable a caché mes clefs d'arts plastiques.


    Emmanuelle, la belle, professeur de danse ayant besoin qu'on lui ouvre sa salle de Transe pour ses cours. Moi, sans passe magique d'arts plastiques, puisque je ne l'ai plus, plus disponible dans l'armoire à clefs, j'annonce à Emmanuelle, sœur Emmanuelle, ma belle divine enfant que les clefs ne sont pas là, les seules clefs que je connaisse ne sont plus là. Elle me montrera plus tard dans notre amusante soirée, la gentille fille, les bonnes clefs à utiliser avec elle, dans cette normalité que je ne connais pas, que l'on ne m'a pas fait connaître.


    Dans l'urgence et en absence de mes clefs plastiques, j'ouvre sa porte avec les clefs que le directeur possède et que l'on m'a confié uniquement pour cette joyeuse soirée, les clefs du directeur étant restées dans ma poche depuis que je les ai eues. Le fonctionnement de l'association me paraît encore illogique, une fois que les clefs du directeur lui seront rendues, qui va me rendre mes clefs disparues, cachées. Emmanuelle me montre enfin les clefs qu'elle utilise tout le temps, les clefs qu'elle ouvre les portes avec, enfin la porte de son paradis, pas de mon enfer. Certaines personnes ont donc leurs clefs personnelles, elles ne voyagent pas à droite, à gauche, celles-ci ne sont pas laissés ailleurs, on les remet immédiatement dans l'armoire à clefs en cas d'utilisation, ce privilège magique n'est pas exaucé pour tous apparemment dans la bonne association, en tout cas, Tom n'a pas eu ce privilège enchanté.


    Au fait, un petit détail pour vous rassurer, mes lecteurs assidus et passionnés par mon idiot de récit : Emmanuelle et moi, on les a enfin retrouvées mes clefs chéries z'et cachées que je voulais si angéliquement et si logiquement depuis un certain temps. Elles étaient dans le bureau de l'animateur Plein Air, quelqu'un les avaient placées sous la radio qui diffuse de la jolie musique dans la salle d'entrée, celle qui sert pour l'attente, mon oncle.

    Qui les a mis là, ces maudites clefs de moi z'à vous ?
    A vous de me le dire, Sherlock.
    Je ne veux pas le savoir.

     

     


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    Elle venait d'Esperance, une ville du Sud-Ouest de l'Australie. Elle était revenue en France pour ses seize ans, quelques jours après son anniversaire. Ses parents lui avait encore offert un boomerang. Elle les collectionnait comme un certain garçon les Yoyos. La première fois qu'elle eut un boomerang c'était à ses huit ans. Cadeau original pour nous Européens mais d'une banalité affligeante pour un Australien. Les parents n'étant pas des natifs, l'erreur est pardonnée surtout que ce cadeau allait changer la vie de cette petite fille rousse. C'était une arme pour les aborigènes, mais pour beaucoup d'Australiens c'était devenu un jeu d'adresse où l'outil allait et revenait.

     

    La petite commença son apprentissage par le jeu du va-et-revient puis prit l'option arme avec des kangourous, les pauvres bêtes avaient été les premières victimes de la sauvageonne civilisée. L'arme permettait de cogner une proie et d'aller ensuite cueillir l'objet de son désir encore tout évanoui. Elle devenait experte de semaines en semaines, dans le choix de ses victimes aussi, les kangourous ne lui suffirent pas, elle exerça ainsi son lancer sur une de ses camarades pendant la récréation, uniquement pour voir. La victime évanouie, elle put agir sur elle. Elle vola des bonbons que la fille tombée par terre dissimulait dans sa poche, elle l'avait vu en manger en cachette pendant le cours de dessin, elle méritait cette punition. La jeune fille sage et candide au visage d'ange roux comme le sucre se contenta donc d'assommer les gens pour leur dérober des bonbons, ce qu'elle préférait avant tout c'était les sucettes, les maintes fois où elle avait été au drugstore c'était pour se cogner le vendeur et avoir son compte de sucettes.

     

    La fille aux boomerangs était esthéte, elle n'en voulait qu'aux jolis garçons qui présentaient de beaux magasins. Une fois assommés, elle pouvait se servir de leur boutique, ils ne pouvaient savoir ce qu'elle faisait. Elle se lançait car elle n'était pas farouche avec son petit air de rien en tête. Tout ça pour des sucettes ! Les vendeurs australiens s'en souviendraient longtemps des maux de tête qu'ils avaient ressentis tous après le passage de Miss Boomerang, plus leur tête leur faisait mal plus ils réalisaient que l'intimité de leur boutique avait été violée.

     

    Arrivée en France, elle se sentit un peu perdue dans Paris, elle ne parlait pas encore français et puis tout y était bruyant et rapide. Elle détesta Paris comme elle détesta Sidney, elle détestait les grandes capitales. Placée en pension dans le privé, elle voyait ses parents quelques week-ends et durant les vacances. Cela lui plut, ayant un peu de liberté, d'espace sans l'autorité parentale, et puis elle devint la coqueluche de sa classe grâce aux boomerangs qu'elle utilisait avec malice, elle était devenue par la suite reine d'une bande d'amazones et découvrit que ces Français étaient bien à son goût, peut-être à cause de son sang de petite française.

     

    Là aussi, elle commença à faire les boutiques et s'amusa de voir les petits vendeurs français tomber à ses pieds, leurs boutiques se laissant toutes visiter, elle se damnait pour avoir sa part de sucettes. Quelques temps après son arrivée, elle repéra un joli garçon, roi en sa propre cour, le garçon jouait toujours aux Yoyos, elle qui n'avait jamais vu un tel engin en fut charmée et se décida à l'aborder, celui-ci elle ne l'assommerait jamais mais s'en ferait un ami. Tout comme elle, il avait entre les mains un outil fascinant et à eux deux ils en feront surement des merveilles, il lui apprendrait son jeu, elle le sien.

     

     

    Une histoire commença entre ces deux là, laissons-les ...

     

     


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    Il avait une quinzaine d'années et une passion : les Yoyos.

     

    Il les collectionnait et les pratiquait, c'était un jeu amusant, c'était un moyen de s'échapper de la réalité si décevante. Il avait des Yoyos de toutes sortes, toutes couleurs, des plus simples aux plus sophistiqués mais il avait une tendresse particulière pour le premier offert par son grand-père un soir de Noël, l'origine de sa vocation, un beau Yoyo en bois de couleur rouge et jaune.

     

    À son âge encore plein de rêves il voyait que les adultes étaient souvent si menteurs, si difficiles à comprendre et avait trouvé le moyen de les épater et de contrôler sa petite vie naissante, il allait leur en montrer à tous. S'il fallait suivre les adultes, il se trouva un hobby, le Yoyo, ce jeu d'enfant de son âge, il en deviendrait un expert, il se l'avait promis et un spécialiste du jeu même, comme certains adultes le sont dans leur domaine, il serait ainsi remarqué, adoré.

     

    Il copia les grands mais à sa mesure, à son échelle, quels efforts de l'enfant qui imitait l'adulte avec brio ! L'enfance est un merveilleux jardin qui reproduit la faune et la flore adulte. Les Yoyos jonglaient entre ses doigts, il avait la maîtrise du jeu, c'était lui le maître de ses outils, il les dirigeait, les pilotait comme il l'entendait, personne ne lui donnait de conseils ou d'ordres, il n'avait qu'à faire selon son bon vouloir.

     

    Il ne s'en privait pas, c'était lui le professeur par moment. Beaucoup de ses camarades voulaient jouer avec lui et il lui fallait leur montrer comment utiliser ses Yoyos, tous l'avaient vu faire dans la cour de récréation. Eux aussi voulaient essayer, même une fois son petit instrument magique et captivant, tout comme lui l'avait fait, ils espéraient épater la galerie. Le garçon aux Yoyos montrait avec art et manière l'utilisation de son instrument, les doués, ceux qui savaient y faire rejoignaient son club, ils étaient admis à ses côtés, il se créait ainsi son petit monde à lui.

     

    Imiter une vie de grand c'est imiter aussi ses qualités et ses défauts.

     

    Les filles le chouchoutaient, elles l'adoraient, elles lui couraient après pour qu'il leur montre à elles aussi l'instrument baladeur, et les Yoyos faisaient de ces va-et-vient dans ses mains, ils déambulaient, voyageaient, c'était magique. C'était le bonheur pendant les quelques instants où chacun pouvait à loisir regarder, manipuler ces petits riens et cela rendait le garçon aux Yoyos encore plus charmant.

     

    Nombre de ses camarades étaient venus dans sa chambre pour contempler les Yoyos, les essayer, prendre quelques leçons que notre garçon offrait généreusement pour le plaisir de faire plaisir, cela lui permettait d'avoir de nouveaux adeptes. Bienvenu au club. Toutes les classes qu'il avait fréquenté s'intéressèrent à ces petits riens qui montaient et descendaient sans cesse. Il était aimé pour ça, car il savait montrer artistiquement l'utilisation de ses Yoyos. Il savait captiver son public, l'impliquer.

     

    Un jour pourtant, il rencontra la concurrence d'une fille, si mignonne et nouvelle dans l'école, elle venait d'Australie où ses parents vécurent avant de revenir en France pour leurs affaires (ils étaient éleveurs de moutons) , du séjour dans ce pays d'en dessous elle avait ramené des tas de boomerangs.

     

     

    Mais la fille aux boomerangs, c'est une autre histoire ...

     

     

     

     


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